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 AnTiGoNe

         



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: 6
: 05/08/2007

: AnTiGoNe    05, 2007 9:41 am

Rsum

Écrite en 1942, la pice fut reprsente le 4 fvrier 1944 . L'poque : les derniers mois de l'Occupation. Ce fut un trs grand succs.
Antigone se prsente comme formant un tout : pas de division en actes, ni en scnes.
L'exposition

Au dbut, le Prologue s'avance vers le public et lui prsente tous les personnages. Ils sont tous en scne. Le Prologue les montre, et nous parle de leur caractre et leur rle.
Antigone et sa nourrice

La nourrice surprend Antigone, qui rentre de l'extrieur sur la pointe des pieds, ses souliers la main. Elle a t, dit-elle, se promener dans la campagne.
Antigone et Hmon

Une scne pleine dmotion. La jeune fille veut d'abord s'assurer de l'amour d'Hmon. Elle aurait t heureuse d'tre sa femme, et tait prte se donner lui la veille au soir parce que... Mais avant de lui dire pourquoi, elle lui fait jurer de ne pas la questionner. Il le fait, et frapp de stupeur, il entend : parce que jamais, jamais, je ne pourrai t'pouser . À Ismne, revenue, qui essaye de la raisonner, Antigone apprend la vrit : elle est alle enterrer son frre pendant la nuit.
Arrestation d'Antigone

C'est le moment de la crise . Le ressort est band. Le Chur en profite pour entrer, et, s'adressant au public, explique sa conception de la tragdie. C'est le moment o la jeune fille entre en scne, pousse par les gardes. Antigone tait revenue sur les lieux en plein jour.
Antigone et Cron

Scne capitale entre Cron et Antigone, scne o se on touche le sens de la pice. On peut distinguer plusieurs tapes. Cron est assez calme au dbut. Il espre touffer l'affaire en faisant disparatre les trois gardes. Antigone lui annonce qu'elle recommencera. Cron change de stratgie et use dautres arguments mais en vain.
Pouss bout, Cron appelle ses gardes. Malgr les reproches du Chur, les supplications d'Hmon, Cron avoue qu'il n'a rien pu faire pour sauver Antigone et qu'elle voulait mourir. Hmon sort comme un fou.
Antigone et le garde

Antigone reste seule avec le garde. Cette scne nous montre l'isolement d'Antigone l'heure de sa mort. Le garde parle de ses petits problmes lui, et apprend Antigone qu'elle va tre enterre vivante.
Prologue de l'Antigone d'Anouilh.

Voila. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise l-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va tre Antigone tout lheure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renferme que personne ne prenait au srieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Cron ,son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aime vivre. Mais il n'y a rien faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rle jusqu'au bout...Et, depuis que ce rideau s'est lev, elle sent qu'elle s'loigne une vitesse vertigineuse de sa sur Ismne, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes l bien tranquilles la regarder, de nous qui n'avons pas mourir ce soir.
Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismne, c'est Hmon, le fils de Cron. Il est le fianc d'Antigone. Tout le portait vers Ismne:son got de la danse et des jeux, son got du bonheur et de la russite, sa sensualit aussi, car Ismne est bien plus jolie qu'Antigone, et puis un soir, un soir de bal o il n'avait dans qu'avec Ismne, un soir o Ismne avait t blouissante dans sa nouvelle robe ,il a t trouver Antigone, qui rvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et lui a demand d'tre sa femme. Personne n'a jamais compris pourquoi. Antigone a lev sans tonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit 'oui' avec un petit sourire triste...L'orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismne riait aux clats, l-bas, au milieu des autres garons, et voil, maintenant, lui, il allait tre le mari d'Antigone. Il ne savait pas qu'il ne devrait jamais exister de mari d'Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.
Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui mdite l, prs de son page, c'est Cron. C'est le roi. Il a des rides, il est fatigu. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d'Oedipe, quand il n'tait que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flneries chez les petits antiquaires de Thbes. Mais Oedipe et ses fils sont morts. Il a laiss ses livres, ses objets, il a retrouss ses manches et il a pris leur place.
Quelquefois, le soir, il est fatigu, et il se demande s'il n'est pas vain de conduire les hommes. Si cela n'est pas un office sordide qu'on doit laisser d'autres, plus frustes...Et puis, au matin, des problmes prcis se posent, qu'il faut rsoudre, et il se lve, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journe.
La vieille dame qui tricote, cot de la nourrice qui a lev les deux petites, c'est Eurydice, la femme de Cron. Elle tricotera pendant toute la tragdie jusqu'a ce que son tour vienne de se lever et de mourir. Elle est bonne, digne, aimante. Elle ne lui est d'aucun secours. Cron est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.
Ce garon ple, l-bas, qui rve adoss au mur, c'est le Messager. C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hmon tout l'heure. C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mler aux autres...Il sait dj...
Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leur chapeau sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accuss le plus tranquillement du monde tout l'heure. Ils sentent l'ail,le cuir et le vin rouge et ils sont dpourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et satisfaits d'eux-mmes, de la justice. Pour le moment, jusqu' ce qu'un nouveau chef de Thbes dment mandat leur ordonne de l'arrter son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Cron.
Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire. Elle commence au moment o les deux fils d'Oedipe, Etocle et Polynice, qui devaient rgner sur Thbes un an chacun tour de rle, se sont battus et entre-tus sous les murs de la ville, Etocle, l'an, au terme de la premire anne de pouvoir ayant refus de cder la place son frre. Sept grands princes trangers que Polynice avait gagns sa cause ont t dfaits devant les sept portes de Thbes. Maintenant la ville est sauve, les deux frres ennemis sont morts, et Cron, le roi a ordonn qu' Etocle, le bon frre, il serait fait d'imposantes funrailles, mais que Polynice, le vaurien, le rvolt, le voyou, serait laiss sans pleurs et sans spulture, la proie des corbeaux et des chacals. Quiconque osera lui rendre les devoirs funbres sera impitoyablement puni de mort.
Lire le prologue de Jean Anouilh.

Grce quoi connat-on le dcor ? Caractrisez-le. Justifiez son choix ? Qui parle ? Est-il un personnage ? Quel est son rle ? A qui sadresse-t-il ? Quel vocabulaire montre quil est extrieur laction ? Quel est leffet produit ? Quel est son niveau de langue ? Relevez et classez les termes qui permettent de prsenter les personnages. Quelle est limpression produite ? Y a-t-il un ton dominant ? Expliquez et donnez des exemples. Relevez les anachronismes. Quel est leur rle ? (1)
Pistes de lecture
Au dbut, le Prologue s'avance vers le public et lui prsente tous les personnages. Ils sont tous en scne, isols ou en groupe. Ils bavardent, se livrent aux occupations auxquelles il est fait allusion. Le Prologue nous les montre, et nous indique brivement leur caractre et leur rle. Il passe ainsi successivement en revue Antigone, la petite maigre qui pense qu'elle va mourir ;sa sur, la belle, l'heureuse Ismne, qui parle avec Hmon, le fianc d'Antigone ; le roi Cron, le pre d'Hmon, qui, prs de son page, mdite sur la tche difficile de conduire les hommes ; sa femme Eurydice, qui ne lui est d'aucun secours et ne fera que tricoter pendant toute la tragdie ; la nourrice d'Antigone ; le messager qui interviendra au dnouement ; enfin les trois gardes, auxiliaires du pouvoir, qui jouent aux cartes dans leur coin. En tout, onze personnages. Ils partent avec le Prologue, une fois que celui-ci a rsum la situation.
Activits familires : bavarde, jeu. Inattendu dans la tragdie. / Prsence de la premire et deuxime du pluriel. / On sadresse au spectateur a travers le vous plus dillusion thtrale. Nous = je + spectateur / lien scne et salle
Termes jouer / vocation du lever du rideau / didascalies, ont pour objet de prsenter les personnages comme des figures imaginaires.
Prsentation d'Antigone et dIsmne. Portrait dAntigone. Insistance sur sa jeunesse et son dpouillement Psychologie : tre marginal, obstin qui se rvolte.
Ismne se dfinit par rapport sa sur. On insiste sur sa beaut, blondeur. Ide de bonheur / superficiel.
Fatalit du destin tragique de l'intrigue.
Nombreuses choses inconnues du monde grec (anachronismes) : cartes, tricotent / Bal, robe plutt soire moderne / Registre de langue courant et familier : la petite maigre, il n'y a rien faire, voila, il a t trouv Antigone
LE CHOEUR

Et voil .Maintenant le ressort est band. Cela na plus qu se drouler tout seul. Cest cela qui est commode dans la tragdie .On donne le petit coup de pouce pour que cela dmarre, rien, un regard pendant une seconde une fille qui passe et lve les bras dans la rue, une envie dhonneur un beau matin, au rveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop quon se pose un soir
Cest tout. Aprs, on na plus qua laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. Cest minutieux, bien huil depuis toujours. La mort, la trahison, le dsespoir sont l, tout prt, et les clats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence quand le bras u bourreau se lve la fin, le silence au commencement quand les deux amants sont nus lun en face de lautre pour la premire fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule clatent autour du vainqueur et on dirait un film dont le son sest enray, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui nest quune image, et le vainqueur, dj vaincu, seul au milieu du silence
Cest propre la tragdie. Cest reposant, cest sur Dans le drame, avec ses tratres, avec ses mchants acharns, cette innocence perscute, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs despoir, cela devient pouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-tre pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-tre pu arriver temps avec les gendarmes. Dans la tragdie on tranquille. Dabord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce nest pas parce quil y en a un qui tue et lautre qui est tu. Cest une question de distribution. Et puis, surtout, cest reposant, la tragdie, parce quon sait quil n y a plus despoir, le sale espoir; quon est pris, quon est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et quon na plus qua crier, - pas gmir, non pas se plaindre,- gueuler pleine voix ce quon avait dire, quon navait jamais dit et quon avait dire, quon navait jamais dit, et quon ne savait peut tre pas encore. Et pour rien : pour se le dire soi, pour lapprendre, soi. Dans le drame, on se dbat parce quon espre en sortir. Cest ignoble, cest utilitaire. L, cest gratuit . Cest pour les rois. Et il ny a plus rien tenter, enfin !
Antigone est entre pousse par les gardes.
Analyser le rle du chur (p. 53 p. 55)

Dfinir le rle du Chur.
A quel moment de la pice intervient ce passage ?
Quels sont les deux sujets de cette intervention ?
Quelle figure de style le souligne? Nommez-la et expliquez-la.
Quel registre est employ ? Donnez des exemples.
Quelles diffrences le chur fait-il entre tragdie et drame ?
Pistes de lecture

Il entre en scne au moment o la progression et lintensit dramatique de la pice a atteint son point de non-retour. Le chur prsente la suite fatale de laction, soppose au genre littraire du drame et explique son ide de la tragdie.
Une mtaphore file de la fatalit tragique : une mcanique bien remonte : ressort band / se drouler tout seul /cela dmarre /cela roule tout seul /bien huil /.
C'est une image dun fonctionnement tragique prrgl, mcanique, qui bascule la notion ancienne de fatalit divine, dans la tragdie, vers une notion moderne de ncessit, sans intervention des Dieux.
Le registre est familier : commode, petit coup de pouce, laisser faire, roule tout seul.
Le chur souligne ce qui oppose
La tragdie

Mort, trahison, dsespoir / pour les rois On est entre soi / plus despoir, ce sale espoir on est tranquille / cest gratuit
Au drame

Linnocence perscute/Tratres, mchants, / innocents, vengeurs/ on se dbat, parce quon espre en sortir / cest utilitaire
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